Berlioz, Hector (1803-1869), compositeur
français qui exerça une influence déterminante sur l'évolution
de la musique moderne symphonique et lyrique.
Né à La Côte-Saint-André, le 11 décembre
1803, Louis Hector Berlioz vint à Paris en 1821 pour y faire
des études de médecine qu'il abandonna en 1824 afin de se
consacrer uniquement à la composition musicale.
Il composa sa première œuvre importante,
la Messe solennelle, en 1825, et la Révolution grecque, inspirée
par le soulèvement des Grecs contre la domination ottomane.
Il entra alors au Conservatoire et
étudia la composition auprès de J.-F. Lesueur (1760-1837)
et le contrepoint et la fugue auprès d'Anton Reicha (1770-1836).
Après trois échecs, il remporta le
Grand Prix de Rome avec la Mort de Sardanapale créée à Paris
en 1830.
Berlioz écrivit alors la Symphonie
fantastique, œuvre ambitieuse organisée autour d'un thème
récurrent intitulé «!idée fixe!» qui revêt différents aspects
dans les cinq mouvements.Créée
au Conservatoire de Paris en décembre 1830, la Symphonie fantastique
connut un immense succès. Après l'obtention du Grand Prix
de Rome, Berlioz s'installa en Italie et composa deux ouvertures,
le Roi Lear (1831) et Rob Roy (1832)!; il répondit à une commande
de Paganini avec Harold en Italie pour alto solo et orchestre,
inspiré d'un poème de lord Byron qui fut crée à Paris en 1834.
En 1833, Berlioz épousa l'actrice irlandaise
Harriett Smithson dont il était tombé amoureux dès 1830, alors
qu'elle interprétait le rôle d'Ophélia dans Hamlet de Shakespeare.
Mais, après une union malheureuse et la mort de Harriett Smithson
en 1854, Berlioz épousa Maria Recio qui mourut à son tour
en 1862.
De 1834 à 1837, Berlioz composa l'opéra
de Benvenuto Cellini, créé sans succès à l'Opéra de Paris
en 1838. Parallèlement, Berlioz devint critique musical au
Journal des débats de 1833 à 1863 et, à partir de 1834, à
la Gazette musicale.
Il débuta une carrière de chef d'orchestre
en 1835, et réalisa une commande pour le gouvernement en 1837
avec une Grande Messe des morts (Requiem), pour laquelle il
exigea un effectif choral et instrumental immense.
En 1839, Berlioz fut nommé bibliothécaire
assistant au Conservatoire de Paris et fut nommé chevalier
de la Légion d'honneur. Il réalisa cette même année sa symphonie
dramatique Roméo et Juliette, d'après Shakespeare.
En 1840, il répondit à une nouvelle
commande du gouvernement par sa Symphonie funèbre et triomphale,
à la mémoire des soldats tombés en Algérie en 1830.
En 1845, Berlioz remania son œuvre
de jeunesse, les Huit Scènes de Faust, d'après Goethe pour
aboutir à son ouvrage dramatique la Damnation de Faust.
À partir de 1847, Berlioz entreprit
une tournée en Russie, où il connut un grand succès, puis
en Angleterre (1848), à Weimar (1852) sur l'invitation de
Franz Liszt, à Berlin, Vienne et Prague.
À Paris, il dirigea l'oratorio l'Enfance
du Christ (1854), son Te Deum (1855) et l'Impériale (1855)
pour la remise des prix par Napoléon III lors de l'Exposition
universelle. Pour diriger l'Impériale, Berlioz requit mille
deux cents instrumentistes, d'importants chœurs et une musique
militaire.
Parallèlement à son activité de compositeur,
de chef d'orchestre et de bibliothécaire au Conservatoire,
Berlioz continua son travail de critique musical : il fit
paraître un Traité d'instrumentation et de chef d'orchestre
(1843) et l'Art du chef d'orchestre (1856). Il s'attacha par
la suite à l'écriture d'œuvres lyriques, les Troyens à Carthage
(1856-1860, représenté en 1863), tiré de l'Enéide de Virgile,
Beatrix et Benedict (1862), d'après Much Ado about nothing
de Shakespeare.
Pendant toutes ces années, Berlioz
ne rencontra à Paris qu'un public indifférent ou hostile à
ses œuvres, alors qu'il connut un triomphe à l'étranger. Il
remporta en effet un grand succès avec sa Damnation de Faust
à Vienne en 1866.
Frappé de congestion cérébrale, il
mourut à Paris le 8 mars 1869.
La musique de Berlioz est d'inspiration
romantique et dramatique. La mélodie avec le rythme et le
timbre, plus que l'harmonie, sont dans ses œuvres un élément
d'unité et déterminent la structure de l'ouvrage, ainsi dans
la Symphonie fantastique. Malgré les nombreuses critiques,
Berlioz influença ses contemporains, notamment Wagner, Liszt
et l'école russe des Cinq.